Envisager le retour

Ça fait maintenant 12 mois que je suis partie, un an. Une longue et courte année à la fois. Une année où j’ai mis les voiles et que j’ai changé mon adresse officielle sur tous mes documents importants. J’ai eu 6 mois exactement où je n’ai pas vu ma famille, mes amis, les paysages qui m’ont vue grandir. De longs mois qui m’ont paru avancer à pas de tortue à certains moments et à la vitesse du son pour d’autres. Je pense que c’est le moment de faire le bilan. On me dit souvent que j’exagère en parlant de similarités avec l’expatriation, car on tente de me ramener à la réalité : « Mais Cin, t’es dans le même pays! » Seules les personnes qui ont voyagé au travers du Canada comprendront que la devise d’un océan à l’autre est vibrant de réalité, que c’est grand le Canada, que c’est différent le Canada, que c’est deux solitudes le Canada, que c’est deux langues le Canada. Alors, je parle ici d’une migration interne dans mon beau pays.

La première chose que j’aimerais dire, au grand désespoir de ma famille, c’est que je ne regrette pas mon choix. Je suis partie avec comme seule certitude que j’allais quitter pour un minimum de deux années si tout allait bien. Maintenant, je ne sais plus. J’aime le train-train de ma vie que j’ai construit dans les Prairies canadiennes. Il faut dire qu’on ne se détache pas totalement de tout. Avec les technologies de nos jours, on peut garder contact et prendre des nouvelles assez souvent. Oui, j’étais contente de revoir tout le monde en vrai, en chair et en os. Oui, j’étais triste de quitter tout le monde à toutes les fois où je repartais. Cependant, un sentiment est ressorti lors de mon dernier au revoir : j’avais hâte de retourner dans mon nouveau chez-moi. C’est ce sentiment qui me fait douter sur le « deux ans » de mon éloignement.

Est-ce que cette décision est toute rose ? Bien sûr que non. Parfois, il y a des moments où tu aimerais juste sentir les bras des personnes que tu aimes te serrer fort ou encore des moments où tu voudrais manger de la bouffe de ta mère tout en discutant autour de la table familiale. L’éloignement pèse aussi lorsque tu vois que le temps ne se fige pas lors des moments où tu es parti. Leurs vies évoluent autant que la tienne et il faut que tu l’acceptes. Les amis changent. Ils deviennent des pères ou des mères de famille. Ils brillent dans leurs professions. Ils passent aussi des périodes difficiles et tu ne peux pas être toujours là. Ce qui frappe le plus par contre, c’est de voir que certains vieillissent. Que l’âge les rattrape. Que tu te dis que malheureusement tu n’es pas là pour partager des instants précieux. C’est difficile, je ne te le cache pas, mais ce n’est pas insupportable non plus.

Alors, ma décision est de prendre tout au jour le jour. J’ai une autre année à passer ici. Peut-être sera-t-elle une catastrophe ou confirmera-t-elle un autre engagement d’une autre année ? On se retrouve en mars/avril pour la suite des choses. Lorsque le marteau de la décision finale s’abattra.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s