S’envoler vers d’autres horizons

Mon rêve d’adolescente

Le désir de partir me venait d’un vieux rêve d’adolescente. Le genre de rêve que tu écris entre les pages de ton journal et que tu souhaitais que personne ne tombe là-dessus. Je rêvais de quitter mon patelin pour aller explorer ce monde rempli de surprises et de promesses. Je voulais devenir cette personne qui prenait son sac à dos et qui immortalisait les plus beaux couchers de soleil de l’Asie ou les aurores boréales des pays scandinaves. La jeune femme en devenir que j’étais avait déjà cette envie d’explorer le monde. Ça me faisait de l’oeil avant même que je prenne des décisions concernant mon futur. Parce que, vois-tu, quand j’étais une adolescente (et encore aujourd’hui!), j’avais cette peur de l’engagement. Je ne veux pas m’enraciner quelque part. Je repousse le plus loin possible les décisions importantes de ma vie. Je vis un stress épouvantable au moment de la « date limite » des choix. Je n’aime pas m’engager en répondant aux fameuses questions concernant mon futur ce qui, mon dieu, implique toujours l’amoureux, l’emploi, le mari, les enfants et la maison (et pas nécessairement dans cet ordre !). Mon esprit est trop frivole et libertin pour ces personnes qui me posent ces questions. Je veux repousser le plus loin possible les décisions qui font de moi une adulte qui vieillit. Trop vite. Trop sagement. Trop normalement. En fait, j’ai longtemps cru que je fuyais les responsabilités, mais je suis tout simplement en train de construire mon chemin à travers la jungle qu’est cette vie. Peut-être que ce chemin va me mener dans une hutte de la Mongolie à boire du lait de chèvre avec du gruau totalement effroyable ou dans un sanctuaire bouddhiste à me raser les cheveux en hommage à ma grande spiritualité ou bien simplement chez moi à boire mon chaï en regardant les feuilles de l’automne tomber. J’ai juste envie de goûter encore à cette vie sans filet que m’offre la jeunesse.

Mon voyage initiatique

Je me suis retrouvé à terminer l’université en mai 2015. Lorsque j’ai mis le point final sur mon tout dernier travail universitaire, je mettais ainsi le point à une bonne partie de ma vie. L’anxiété est automatiquement venue. Vous voyez, tsé, cette peur de prendre des décisions ? Elle me heurtait de plein fouet et je ne savais tout simplement pas quoi faire pour l’éviter. Alors, j’ai fait le choix qui s’imposait pour moi à ce moment. Lâcher prise. Apaiser mon esprit. Partir loin des responsabilités. Moi. La vie. Mon sac à dos. Un billet d’avion entre les mains. J’ai donc booké un voyage. Mon tout premier en solo loin de l’Amérique. La France me voilà ! Ce n’est pas la destination la plus déstabilisante, il faut se l’avouer, mais c’était tout de même ce que j’avais besoin à ce moment-là. Entre temps, j’ai vu des offres d’emploi circulées un peu partout à travers le Canada, plus particulièrement dans l’Ouest canadien. Ce bout de mon pays que j’affectionnais. J’ai cliqué sur postuler à quelques-unes de ces offres avec la pensée du « sait-on jamais ? » Une journée avant de partir pour mon voyage solo, on m’appelait pour me dire que je passais une entrevue dans la semaine suivante. Je me suis donc retrouvée quelques jours plus tard dans un McDo de Paris au second étage pour éviter de déranger les personnes à tenter de capter internet pour passer mon entrevue. Rien de certain. Selon moi, ça ne s’était pas très bien passé. Tant pis ! Il fallait croire que ce n’était pas pour moi. Une semaine plus tard. Francfort. Allemagne. En train de jaser avec une vieille amie. Un coup de fil. J’avais le poste. Je fige. Je souris. J’ai la bougeotte tout d’un coup. Je veux sauter partout. Crier ma joie. J’avais réussi. J’ai fini mon voyage, le sourire aux lèvres. Je suis revenue au pays avec ce sentiment de fierté, mais aussi d’urgence, je devais préparer mon déménagement sur des milliers de kilomètres après tout.

Mon grand départ

10 août. Le grand départ. J’ai maintenant les lèvres qui tremblent, elles sont très loin du petit sourire que j’avais au moment de mon voyage. Les mots refusent de sortir. Je sanglote. Je ne veux pas me détacher des bras qui m’entourent d’un geste aimant. Je veux rester là et répéter à l’infini que je m’excuse d’avoir osé penser à partir, que je ne recommencerai plus. Je dois l’avouer, je me suis remise en question. J’avais un immense trou au milieu de mon coeur. Je devais quitter ma maison, mon confort, ma famille, mes amis, ma routine. Les kilomètres que j’ai traversés petit à petit à bord de ma voiture à chanter à tue-tête m’ont fait un grand bien. Je voyais ce roadtrip comme étant mon rite de passage. Me détacher tranquillement pour arriver sereine à mon lieu d’arrivée. Mon rêve d’adolescente m’a mené aujourd’hui dans une petite ville de l’Ouest canadien. Je ne te cache pas que… ce n’est que le commencement.

Malgré tout, je n'oublie pas. Ma Famille. Mes Amis. Mon Québec. xxx
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